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Le Lien de Sainte-Jalle

Le Lien de Sainte-Jalle, est le bulletin paroissial de réflexion, de témoignage et d’information qui paraît environ tous les deux mois. Il est disponible dans les églises et à l’accueil paroissial.

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"À L’’ÉCOUTE DE PIERRE"

Le grand Jubilé de la Miséricorde

Amoris laetitia : la famille chrétienne, hymne à la joie et à l’amour

« La joie de l’amour » : tel est le titre de l’exhortation apostolique post-synodale du pape François sur l’amour dans la famille qui a été présentée à la presse, au Vatican, vendredi 8 avril. Ce document très attendu, signé par le pape le 19 mars, en la fête de saint Joseph, protecteur de la « Sainte Famille » et de toutes les familles du monde, vient donc réaffirmer avec bonheur la beauté de la famille chrétienne sublimée par la joie et l’amour : « Je voudrais contempler le Christ vivant présent dans tant d’histoires d’amour, et invoquer le feu de l’Esprit sur toutes les familles du monde » (Amoris laetitia, 59). Mais avec un regard incomparablement nouveau, empreint de grande compassion et d’infinie miséricorde envers les familles fragilisées victimes d’échecs et de drames devenus fréquents dans nos sociétés de plus en plus déchristianisées.
C’est d’ailleurs exactement ce qu’avaient demandé les deux assemblées du synode, à l’issue de débats parfois houleux largement amplifiés par les grands media plus soucieux d’audimat que de réelle objectivité : « qu’avant d’évoquer les échecs et les drames des familles, soit réaffirmée la beauté de la famille chrétienne ». Dans le même esprit, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, en présentant à la presse le rapport final du synode, le 24 octobre 2015, avait tenu lui aussi et de façon identique à souligner que le message essentiel du synode c’était d’abord « la famille elle-même » et « un grand ’oui’ à la famille qui n’est pas un modèle passé » .
En présentant l’exhortation apostolique du pape François sur la famille, le 8 avril 2016, le cardinal Schönborn déjà cité s’employa une fois encore à faire observer que le pape est convaincu que la vision chrétienne du mariage et de la famille a encore aujourd’hui une force d’attraction inchangée : « En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas renoncer à proposer le mariage pour ne pas contredire la sensibilité actuelle, pour être à la mode, ou par complexe d’infériorité devant l’effondrement moral et humain. Nous priverions le monde des valeurs que nous pouvons et devons apporter » (AL 35). Ainsi, le pape François a-t-il défini lui-même comme « centraux » les chapitres 4 et 5 de son exhortation apostolique en y faisant l’éloge du mariage chrétien : « Nous ne pourrions pas encourager un chemin de fidélité et de don réciproque si nous ne stimulions pas la croissance, la consolidation et l’approfondissement de l’amour conjugal et familial » (AL 89). Le quatrième chapitre est un magnifique commentaire de l’Hymne à la Charité de la Première lettre aux Corinthiens (1 Co, 13). Ici, commente le cardinal Schönborn, on comprend comment il est possible de réussir « à découvrir la valeur et la richesse du mariage » (AL 205).
Pour autant, le pape François n’a jamais caché, avant et pendant les sessions du synode, son vif désir de voir menée une discussion largement ouverte sur l’accompagnement pastoral des nombreuses situations complexes marquées par les blessures et les échecs de l’amour, afin de bien faire comprendre que l’Eglise se doit d’être vraiment le lieu où il est possible d’expérimenter la Miséricorde de Dieu et de montrer comment l’on peut « accompagner, discerner et intégrer la fragilité » (cf. AL 297).
C’est tout l’objet du chapitre huit du document pontifical, au demeurant fort délicat à décrypter. Et le pape de l’expliquer à sa manière : « Il faut se rappeler que souvent la mission de l’Eglise ressemble à celle d’un hôpital de campagne » (AL 291). Il répète ce qu’est le mariage chrétien et ajoute que les « autres formes d’union contredisent radicalement cet idéal, mais certaines le réalisent au moins en partie et par analogie ». Ainsi l’Eglise « ne cesse de valoriser “les éléments constructifs dans ces situations qui ne correspondent pas encore ou qui ne correspondent plus” à son enseignement sur le mariage » (AL 292). Il poursuit : « Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde “imméritée, inconditionnelle et gratuite” » (AL 297). Dans la dernière partie du chapitre, « la logique de la miséricorde pastorale », le pape François, pour éviter des malentendus, rappelle avec force : « Comprendre les situations exceptionnelles n’implique jamais d’occulter la lumière de l’idéal dans son intégralité ni de proposer moins que ce que Jésus offre à l’être humain. Aujourd’hui, l’effort pastoral pour consolider les mariages et prévenir ainsi les ruptures est plus important qu’une pastorale des échecs » (AL 307).
Toute l’exhortation est traversée d’une joie immense et d’une action de grâce pour l’amour que tous sont invités à vivre. Dans un enthousiasme missionnaire, l’Eglise est encouragée à proposer le chemin de l’amour heureux qui se vit dans le mariage et dans la famille, non comme une contrainte légale et nécessaire mais comme une chance et une aventure qui libère et réjouit.
Cette exhortation est belle parce qu’elle propose à tout homme de découvrir qu’en lui résonne l’appel à aimer malgré les faiblesses, les situations blessées et complexes qui le tourmentent. L’amour dont parle le pape, l’amour auquel Dieu nous prépare, est bien plus grand que notre cœur et nous sommes faits pour l’atteindre ! Il ne s’agit pas de prendre ce que je veux et quand je veux, mais d’entrer dans une patience qui permet de façonner l’amour vrai et qui dure.
Le document se conclut par une prière à la Sainte Famille (AL 325), hymne à la Trinité bienheureuse chantée par les anges au jour de la Nativité, où l’on voit Dieu dans l’excès de sa Miséricorde infinie revêtir la nature même de sa créature en s’incarnant un jour du temps dans une famille humaine ! Ô mystère insondable de l’Amour divin ! Mystère de Joie tout droit descendu du ciel, d’où le divin Rédempteur en son humanité, « le plus beau des enfants des hommes », vient prendre pour père -Joseph- l’humble charpentier de Nazareth, « ombre du Père des Cieux, qui fait descendre la paternité du ciel sur la terre » (P. André Doze), et vient éclairer la nuit de Bethléem en naissant de l’Immaculée Vierge Marie, Mère de toutes les mères, « Celle que Dieu a vue, dès le commencement, ’toute Mère’ » (P. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus).
Joseph Vossier






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